lundi, février 04, 2008

Lost In translation...

Bob Dylan réinventé à Nîmes

La passion pour l’œuvre de Bob Dylan et celle, aussi forte, de la transmission pédagogique : telles ont été les motivations à l’origine de « LOST IN TRANSLATION ? », le projet très original lancé à l’initiative de Danielle Patin, professeur d’anglais au lycée Emmanuel D’Alzon de Nîmes, Vincent Dussol et Claude Chastagner, enseignants à l’Université Paul Valéry de Montpellier. Comment « faire quelque chose » avec Bob Dylan qui ait un sens pour de jeunes étudiants d’aujourd’hui ?

Certes, la voix la plus célèbre de la protestation américaine des années 60 est encore dans l’actualité culturelle comme en témoigne le très récent I’m Not There, un film qui retrace l’itinéraire de Robert Zimmerman alias Bob Dylan en confiant à des acteurs différents le visage de chacune de ses périodes. Cette multiplicité de visages – ou plutôt de masques –, cette capacité de Dylan à se réinventer autorise les tentatives les plus hardies de démontrer sa pertinence inentamée.

C’est dans cette perspective que se situe LOST IN TRANSLATION ? (« La traduction, une perte ? »), l’entreprise aux multiples visages qui va réunir pendant deux jours autour de Bob Dylan les étudiants de la classe préparatoire aux Instituts d’Etudes Politiques du lycée D’Alzon, des étudiants d’anglais de l’université Paul Valéry de Montpellier 3 accompagnés de deux de leurs enseignants, l’écrivain François Bon, deux plasticiens-vidéastes de l’Ecole d’Art de Nîmes et quatre musiciens nîmois réunis pour la première fois autour de ce défi majeur que constitue la mise en musique des versions françaises d’une dizaine de chansons de Bob Dylan.

François Bon est l’auteur d’une récente biographie de Bob Dylan parue chez Albin Michel à l’automne. Lors d’une première lecture/performance au Carré d’Art le jeudi 31 janvier, il reviendra sur son travail de biographe. Le lendemain matin, vendredi 1 février, c’est au lycée Emmanuel d’Alzon qu’il viendra plus spécifiquement parler de son travail de traducteur aux étudiants. Les élèves de la classe préparatoire concluront la matinée en présentant le bilan de leurs travaux de recherche sur le contexte historique (politique et social) de quelques chansons précises.

Après un repas/buffet au foyer des étudiants, ce sera à ces derniers de s’attaquer à la retraduction de deux / trois chansons du maître. Par petits groupes constitués d’un étudiant spécialiste et de deux ou trois « prépas », leur tâche sera d’arriver à une version chantable des strophes qui leur auront été confiées. Ils auront pour les guider François Bon, Danielle Patin, Claude Chastagner, Vincent Dussol ainsi que Bruno Escoffier, leur professeur de lettres. Précisons encore que les étudiants de Montpellier qui sont partie prenante du projet le sont dans le cadre de leurs sujets d’étude : pour les uns la musique populaire américaine, pour les autres la poésie américaine et sa traduction. Ils devraient trouver là un champ d’application de leur travail.

La prise en charge financière de ce projet (tant le cachet de François Bon et des musiciens que le déplacement des étudiants de Montpellier) est assurée dans la cadre d’un partenariat Carré d’Art/ Ville de Nîmes / DRAC dont il convient de souligner l’efficace et chaleureuse participation et collaboration. Par ailleurs, cet événement n’aurait pas vu le jour sans l’engagement actif du Directeur du Lycée d’Alzon Monsieur Yvan Lachaud, qui soutient le projet depuis le tout début. L’originalité supplémentaire de ces collaborations est qu’elles ne s’arrêtent pas en si bon chemin.

En effet, elles déboucheront – ce même vendredi 1 février, salle Christian Ligier à 20h – sur une lecture chantée, clou de cette journée de travail et fruit d’un long travail en amont auquel ont consenti les artistes qui s’y produiront. En effet, Pépé Martinez (voix), Jean-Marc Bisson ( guitare) , Max Solia ( batterie) et Bruno Milan (accordéon) ont fait le pari de jouer certaines des plus belles chansons de Bob Dylan dans les traductions de François Bon et, plus généreusement encore, de chanter les traductions produites par les étudiants l’après-midi même. Par ailleurs, deux jeunes plasticiens-vidéastes Baptiste Brunello aka Testicule Billy Bandana de Utricule de Brookstates et Estelle Brun aka Taraskone auront eux aussi traduit dans leur média le texte d’une des plus belles chansons de Dylan, « Visions of Johanna ».

L’affiche quant à elle est la création de Reno et Pgui récemment diplômés de l’Ecole Supérieure des Beaux Arts de Nîmes et à la tête d’une petite maison d’édition, NUNU. Soulignons également la participation de la librairie Teissier associée à la manifestation. Le septième art sera aussi de la partie et une quinzaine du film rock se tiendra au Sémaphore du 23 janvier au 5 février. Au programme Pink Floyd – The Wall –,The Clash – Joe Strummer : The Future Is Unwritten ( avec une présentation / discussion au sémaphore le 25 janvier 20h30 animée par Claude Chastagner ) et bien sûr Bob Dylan – I’m not there – sans oublier The Rolling Stones avec une rencontre/ échange avec François Bon autour de son travail sur le groupe légendaire, avant la projection de 1+1 de Jean-Luc Godard, au Sémaphore le samedi 2 février à 14h.

Alors une perte, la traduction ? L’énergie qui s’est dégagée lors de toute la mise en œuvre du projet porté par les trois « enseignants/ passeurs » laisse penser que non. Les œuvres fortes se frayent toujours un passage vers la lumière. Bob Dylan viendra-t-il chanter aux arènes de Nîmes ? Nous le souhaitons à tous les acteurs de « LOST IN TRANSLATION ? ».


Source :
http://www.culture.fr/sections/une/articles/bob-dylan-reinvente

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Well written article.